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Cousin Biotech, du textile au médical
  • Publié le 09/12/2011

Ce qui frappe d’abord, c’est le décalage. D’un côté une salle blanche high-tech, de l’autre les mosaïques et boiseries anciennes des bureaux. François Cousin s’en amuse : « C’est toute l’histoire de l’entreprise. On aime bien jouer là-dessus ! ». Toute son histoire aussi : il est imprégné de la culture maison, savant mélange entre savoir-faire traditionnel et innovation.

Cousin Biotech, spécialiste des implants chirurgicaux, est en effet l’héritière de Cousin Frères, à l’origine spécialisée dans le retordage du lin. Du fil au cordage, du tressage au lacet, du câble optique aux cordes des raquettes de tennis, une épopée industrielle que François Cousin ne se lasse pas de raconter. Point de nostalgie mais bien de l’admiration pour l’esprit pionnier, un rien débridé, qui animait certains de ses ancêtres : « Il y a toujours eu une forme de bouillonnement permanent. Les affaires marchaient bien, ce qui a permis de financer de nombreuses tentatives de diversification ».

En 1947, Cousin Frères est la première entreprise française à fabriquer du fil à coudre industriel à base de polyamide continu ; en 1951, elle dépose un brevet sur les cordes d’arcade pour les métiers jacquard. La diversification vers le médical tient ainsi en partie du hasard. « Un client nous a demandé un jour le prix d’une petite quantité de tresses très spéciales pour servir de ligaments croisés antérieurs pour le genou. Et j’ai rajouté un zéro au devis. Surprise, il a acheté et d’autres commandes ont suivi ! ».

François Cousin, juriste en droit des affaires et titulaire d’un DESS de gestion des entreprises, vient alors de rejoindre l’entreprise en qualité de responsable des achats. « Je ne connaissais rien aux achats, ni au textile, dit-il d’un air espiègle. Comme je m’ennuyais un peu, j’ai voulu creuser la question.» Deux ans plus tard, il convainc les actionnaires d’investir dans une salle blanche pour un montant de dix fois le chiffre d’affaires de l’activité médicale. « Sans idées préconçues, nous avons innové à partir de notre savoir-faire, le fil, le polyester, le silicone, là où nos concurrents utilisent encore des clous et du métal en bons mécaniciens ».

En 1995, la réorganisation de Cousin Frères par activité donne naissance à Cousin Biotech. Dotée d’une structure Recherche et développement qui représente près de 20 % des effectifs, l’entreprise a déposé 59 brevets et 26 marques, dont le petit dernier, Adhésix, implant qui ne colle pas mais devient adhésif qu’une fois introduit dans le corps humain. Une idée fixe ?

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